Chamanisme

 

Qu'est ce que le chamanisme dans notre monde actuel , comment pratiquer ?

Le chamanisme n’est ni une philosophie, ni une religion mais, une pratique évolutive qui nous accompagne sur le chemin de la réalisation de soi.
Pratiquer le chamanisme permet de reprendre sa vraie place au sein de notre monde. Il ne s’agit pas seulement d’un retour à la nature mais également de vivre de façon harmonieuse avec tous les Êtres Vivants.

La pratique du chamanisme peut aider à transformer votre potentiel en compétences, améliore considérable de la qualité de votre vie à travers l’expansion de la conscience. Vous transmutez vos croyances, blocages, peurs, culpabilités, tristesses, vices, sentiments de perte, hérédités génétiques. Vous prenez conscience de l’importance de vous reconnecter à votre nature profonde etc...afin de devenir et d’être un Être relié en harmonie au Vivant et avec tout ce qui l’entoure.

La pratique du chamanisme  est une démarche personnelle qui permet à chacun d’expérimenter, par le voyage chamanique dans les trois Mondes, la communication directe avec ses Guides, Animaux Totems, Ancêtres.

Lors de mes formations  vous apprendrez la méthode du voyage chamanique et découvrirez toutes vos possibilités, capacités.
Chacun aura l’occasion d’aller à la rencontre de ses Animaux Totems, Guides et Ancêtres, les différents alliés qui vous soutiendront/guideront dans vos voyages chamaniques. Vous avez aussi accès au chamanisme vert au travers des plantes, arbres, fleurs,fées,elfes,gnomes etc...

voici les liens pour toutes les infos: stages chamaniques

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Tambour et initiation chamanique

Pour un chamane novice, le moment le plus émouvant de son initiation est certainement l’animation de son premier tambour qu’il reçoit des mains de son maître. Sans ce tambour, il n’est qu’un « chamane-à-pieds » comme on dit en Mongolie, c’est à dire qu’il n’a pas encore de monture pour se rendre au pays des esprits. Les percussions du tambour produites par le chamane vont lui ouvrir les portes de l’Autre monde dans lequel il va voyager pour négocier au mieux avec les entités sollicitées, la chance et la bonne fortune pour ceux qui lui en font la demande. Il va affronter divers obstacles rencontrés sur son chemin, gravir des montagnes, traverser des rivières… Il deviendra alors un « chamane-à-cheval », désormais équipé de son tambour. Le rythme des battements du tambour raconte l’histoire qui est en train de se dérouler dans le monde chamanique, il est le reflet sonore des péripéties du chamane et de sa confrontation avec les esprits.

Les percussions vont se faire de plus en plus violentes si la négociation est rude et si les esprits se mettent en colère. Le chamane chante, crie, virevolte dans son lourd costume à lanières et rubans, il narre la rencontre, tantôt de sa voix, tantôt laissant parler son esprit ancêtre par sa bouche. Le tambour représente la monture, cervidé ou cheval, de l’ « âme » du chamane, et en même temps, il est réceptacle des esprits qui viennent l’animer pendant le rituel.

Tambour de chamane, collections du muséum de Toulouse

Tambour de chamane, population Darxad, Mongolie, XXe siècle - coll. muséum, MHNT.ETH.2004.1.1.3, photo: Daniel Martin

Le tambour siège des esprits

Chez les Darxad du Nord de la Mongolie, la peau du tambour est généralement d’une biche de moins de trois ans qui n’a pas encore mis bas. Le montant est en mélèze, de préférence d’un arbre touché par la foudre. Sur la face extérieure du tambour sont dessinés des motifs, le plus souvent des étoiles, le soleil, la lune, une biche. Il doit figurer l’animalité et le sauvage, tout en devenant apprivoisé par le chamane puisqu’il va lui servir de monture. Les résonateurs ou bosses du tambour figurent les différentes parties du corps de l’animal et sont reliées par un fil rouge dessiné sur la peau qui symbolise l’aorte. La poignée qui traverse toute la partie interne du tambour représente la colonne vertébrale de l’animal et les chevrons, sa crinière et sa queue. La lanière de cuir ou cordelette de laine rouge enroulée à la base de la poignée représente la longe du cheval ou du renne. Quand le maître chamane juge son élève digne de recevoir cet outil/monture, il va le rendre animé, c’est à dire qu’il va insuffler à l’objet la capacité à accompagner le jeune chamane dans ses démarches et appelle les esprits à y résider. Aux esprits sollicités, le maître demande à ce que ce tambour devienne une monture docile et bienveillante et permette au chamane novice de bien voyager.

Le rôle du tambour est central dans le chamanisme nord-asiatique, l’objet est respecté : on ne saurait le poser au sol, le bousculer, ni le prêter, il est « animé » donc vivant pour ceux qui s’en servent, il est monture, vaisseau, moyen de transport… Dans sa partie creuse, il reçoit les entités et objets invisibles, dont le chamane fait l’extraction, déblaye et nettoie son patient, il s’en sert comme d’un récipient qu’il ira vider au loin ou qu’il fait mine de jeter par la porte de la yourte ou le trou de cheminée.

La transe : voyager entre deux mondes

En contact direct avec les entités spirituelles qui vont l’aider dans sa mission, le chamane va volontairement dans leur monde négocier au mieux les intérêts de ses patients. C’est cette habilité, contrôlée et maitrisée, de la transe volontaire et autonome qui fait du chamane l’intercesseur privilégié entre les mondes.

Son pouvoir vient de cette faculté à voyager à sa guise et à s’ouvrir à des perceptions que les autres n’ont pas. La peur qu’il suscite aussi : toujours à la marge, entre le visible et l’invisible, sa capacité à entrer dans des états de conscience modifiée qui lui ouvre les portes de la perception est vue comme transgressive, sauvage et libre, donc potentiellement dangereuse pour l’ordre établi.

Le son est la porte du monde invisible, les percussions sont les appels du chamane et les messages des esprits, les vibrations sont bénéfiques et curatives. Le chamane joue littéralement du tambour sur ses clients qui sont enveloppés, touchés, traversés par les vibrations de la peau d’animal tendue. Cette peau, plus ou moins travaillée selon les cultures, qu’il faudra chauffer au feu pour la retendre, renforce l’aspect vivant de l’objet. Le tambour sonne différemment, même parfois faux comme un vieux carton, selon l’humidité du lieu. Quand la peau est bien tendue et chauffée, la vibration a une réalité tangible qui se ressent très profondément dans le corps. Ces effets somatiques ne peuvent pas être rendus par des enregistrements ou compositions New Age, car il s’agit autant de sons que de vibrations, de percussions que d’ondulations énergétiques qui se perçoivent dans l’espace et dans les corps.

Entre visible et invisible

Costume, objets, tambours, chants, percussions, tout le décorum, artefacts et performances sont justement là pour matérialiser cette communication avec l’autre monde spirituel ; tout cela consiste à rendre visible l’invisible, à prendre conscience de cette autre dimension, la concevoir, lui rendre un culte et matérialiser dans la pratique  et les objets des intentions particulières (prières, vœux, engagement, parcours initiatique, vécu personnel). Ces artefacts sont « intentionnels » et évolutifs, loin d’être fixés dans leur production, ils sont en perpétuelle construction et racontent l’histoire du chamane, sa biographie mais aussi le processus même de son initiation. Ils sont donc esthétiquement connotés et pourtant à chaque fois uniques puisqu’ils représentent la carte d’identité du chamane. Ce n’est pas un objet biographique, mais véritablement un objet hagiographique co-construit avec les entités spirituelles et les divers contacts et communications engagés avec l’autre monde.

L’objet n’est pas dissociable d’un parcours singulier, d’une narration qui met en scène le parcours initiatique du chamane, ses visions, ses rêves, ses ancêtres, ses souffrances… Donc en termes d’écriture, ces artefacts sont en soi des narrations. À la mort du chamane ou si le chamane décide de changer de tambour, la peau est percée et le tambour déposé sur un lieu de culte dans la montagne. Il est détruit en partie afin que les esprits ne puissent plus s’y fixer et il est rendu à la nature pour ne pas offenser la biche et l’arbre qui ont servi à sa fabrication.

costume de chamane de Mongolie, collections du muséum de Toulouse

Costume de chamane, Mongolie, XXe siècle - coll.muséum, MHNT.ETH.2004.1.1.1-2, photo: Frédéric Ripoll

Dialoguer avec les esprits : la divination

Le battoir, inséparable du tambour, est considéré à la fois comme la cravache du cervidé ou cheval (tashuur) et comme un interprète : les sons produits par les percussions du tambour étant censés êtres les paroles de l’esprit que le chamane traduit. Pour parler aux esprits, outre les invocations chantées, le chamane peut aussi chuchoter à son battoir (mailloche) qui va transmettre les messages aux esprits. Le battoir percute la peau tendue au centre du tambour, mais aussi en petits battements sur toute la surface et parfois caresse, lisse la peau dans de grands mouvements circulaires. 

Avant même de recevoir son tambour, l’apprenti chamane reçoit une guimbarde des mains de son maître. Même si le tambour reste l’attribut le plus important du chamane, la guimbarde moins connue sert également à appeler les esprits et souvent à pratiquer une toute première divination avant d’entreprendre un rituel plus complexe avec tambour. Cette guimbarde mongole, amiin xuur, « vièle à bouche » est en acier et se pose entre les lèvres, sur les dents pour en faire vibrer la lame médiane à l’aide d’un crochet actionné par l’index ou le pouce.. Le chamane pose son Manjig  sur son épaule quand il joue de la guimbarde et laisse pendre sur le côté les nombreux rubans et tissus qui y sont attachés. En tant qu’instrument chamanique, elle doit être animée par le maître initiateur qui va y introduire un esprit. La guimbarde comme le tambour, costume, bottes, coiffe et accessoires du chamane devient alors ongod, support d’esprit.